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Conférence Risque-Pays Côte d’Ivoire - 5e édition
Événements Professionnels Ecrit par Administrateur Ecrit le 10 Jun 2021 à 17:04 et mis à jour le 10 Jun 2021 à 18:58

Conférence Risque-Pays Côte d’Ivoire - 5e édition

          La 5e édition de la Conférence Risque-Pays Côte d’Ivoire, organisé par l’agence de notation financière Bloomfield Investment Corporation, s’est tenue le jeudi 03 juin 2021, à la Salle des Fêtes du Sofitel Abidjan Hôtel Ivoire, avec la participation de ministres, des acteurs de la finance de marché, d’experts comptables, d’avocats, de juristes, de diplomate, de spécialistes du risque et de l’assurance-crédit, de journalistes, et bien d’autres.

        La cérémonie a débuté par l’allocution de M. Stanislas ZEZE, PDG de Bloomfield Investment Corporation, qui a procédé à la présentation du Rapport Risque-Pays Côte d’Ivoire. En effet, selon le rapport, qui apporte un diagnostic complet des risques de la première économie de l’UEMOA dans sa conjoncture et sa structure, la Côte d’Ivoire obtient 5,6 en 2021 contre 5,7 l’année dernière, soit une baisse de 100 points de base. Pour l’intervenant, “la Côte d’Ivoire concède un risque modéré, qui ne constitue pas véritablement un frein à l’investissement”.

       Le panel introductif modéré par le journaliste Alain Foka, et qui avait pour thème : ‘’La résilience de l'économie ivoirienne peut-elle absorber les conséquences de la pandémie et relancer la croissance ?’’, était rehaussé par la présence de M. Adama COULIBALY, Ministre de l’Economie et des Finances, M. Coulibaly Yacouba PENAGNABA, Président de l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics, M. Ahmadou BAKAYOKO, DG CIE/SODECI et, M. Stanislas ZEZE, PDG de Bloomfield Investment. 

         Dans son intervention, le Ministre de l’Economie a insisté sur la résilience de la Côte Ivoire qui a un taux de croissance pressenti de 2% et non 1.8% comme l’indique le rapport Bloomfield présenté aux intervenants. Il a également réclamé la correction de certaines expressions contenues dans le rapport, telles que “troisième mandat” et “situation d’insécurité dans le pays”. Le Ministre a conclu en soulignant que la Côte d’Ivoire est dans une résilience positive et n’a donné, “aucun signe de récession” dû à la pandémie. Sur le sujet de la dette, M. Adama COULIBALY a tenue à signifier que la Côte Ivoire serait à 47% contre un indicateur plafond de 70%.

          En réaction au rapport de Bloomfield, M. Coulibaly Yacouba PENAGNABA, Président de l’Autorité Nationale de Régulation des Marchés Publics, estime que le manque de transparence pressentis est une mauvaise perception puisque des marchés ont été octroyés aux acteurs de la société civile et du secteur privé.

          Allant dans le même sens que M. COULIBALY, le DG de la CIE/SODECI M. Ahmadou BAKAYOKO a annoncé que, le nombre d’industries implantées en Côte d’Ivoire pendant la période du COVID, a connu une augmentation de 50% par rapport à l’année précédente. Aussi, il a expliqué que les PME ont pendant la période du COVID livré des masques produit localement, facteur contribuant à résorber le chômage.

        Pour M. Stanislas ZEZE PDG de Bloomfield, la résilience économique ivoirienne ne peut absorber les conséquences de la pandémie et relancer l'économie, que si les capitaux locaux sont privilégiés. Il a insisté sur le fait que la dette qui doit être la ressource principale et non la complémentaire, doit être détenue par les acteurs locaux. Pour lui, il est donc primordial de créer plus d'emplois afin de générer les ressources en interne plutôt que d’avoir recours aux emprunts internationaux.

          Le 2e panel modéré par M. Charles KIE, PDG de New African Capital Partners, avait pour thème : ‘’comment limiter le recours à la dette en améliorant les ressources propres dans un contexte de besoin de financement important ?’’ Les panélistes étaient M. Moussa SANOGO, Ministre du Budget et du Portefeuille de l'Etat, M. ASSAHORE Konan Jacques, Directeur général du Trésor et de la Comptabilité Publique de Côte d’Ivoire, M. Paul-Harry AITHNARD, Directeur Général de ECOBANK CI et M. Felix AMENOUNVE, Directeur Général de la BRVM.

         D’entrée de jeu, le Ministre du Budget, M. Moussa Sanogo, a indiqué que la crise de la dette ne concerne pas la Côte d’Ivoire et qu’on ne pouvait pas considérer que le pays est trop endetté : la dette est d’environ 48% du PIB (16 000 Milliards de FCFA)Les taux d’emprunt se situent entre 3% et 5% selon les instruments financiers de l’UEMOA. Sur la pression fiscale, la norme est de 20% dans l’UEMOA mais la Côte d’Ivoire se situe à 12%, donc loin du seuil.

         M. ASSAHORE Konan Jacques explique que la Côte d’Ivoire est obligée de contracter des dettes, car ses ressources internes ne lui permettent pas une autonomie financière. Il a ajouté que le volume de la dette ne constitue pas un problème, mais plutôt les conditions d’acquisition de cette dette. Il a également appelé à un regroupement des différentes banques, pour une plus grande efficacité.

        M. Felix AMENOUNVE est allé dans le même sens, en affirmant que ce sont les conditions d’endettement et le coût trop élevé de celle-ci qui alourdissent les recouvrements. Selon lui, la solution idéale pour soutenir les investissements tout en limitant ces coûts, serait d'une part de nationaliser la dette afin qu'elle soit détenue par les acteurs locaux, et d'autre part, d’avoir une plateforme digitale qui aurait pour rôle de faciliter les transactions financières.

           Le 3e panel modéré par Dr Linda KABORE BOUBOUTOU, Pharmacienne, Membre du Comité de Riposte contre la Covid-19, a porté sur la question qui est de savoir : ‘’Quelle est la réflexion à mener pour avoir un système de santé autosuffisant ?’’. Y ont participés le Dr Jean Marie Vianny YAMEOGO, Représentant de l'OMS en Côte d’Ivoire, M. Éric DJIBO, PDG de la PISAM, Dr Jean-Marc BOUCHEZ, Président de l'Association des Industriels Pharmaceutiques en Afrique Subsaharienne et, Dr Nahoua YEO, Directeur de cabinet et Représentant de Mme Nialé KABA, Ministre du Plan et du Développement.

          Pour répondre au Dr KABORE BOUBOUTOU qui voulait connaître les mesures prévues par l’OMS pour ralentir le taux de mortalité infantile du paludisme (qui est de 65% pour les moins de 5 ans), Dr Jean Marie Vianny YAMEOGO précise qu’une action collective passant par une plus grande implication de la population locale est nécessaire, afin de résoudre cette problématique. Cela passe par des outils mis à disposition tels que les moustiquaires imprégnées, vaccins, et bien d’autres, mais également en adoptant une bonne hygiène de vie, et un environnement sain.

             Les intervenants ont également traité de la question de la gestion des déchets médicaux. A cet effet, Dr Nahoua YEO, Représentant du Ministre du Plan et du Développement, rappelle que le gouvernement, conscient que les déchets sanitaires représentent une sérieuse menace pour la santé publique et l'environnement, avait mis en place une stratégie de traitement de ces déchets bien avant la Covid-19. Cette stratégie sera déployée incessamment.

              Les panélistes se sont également penchés sur la question de la médecine traditionnelle, où, le Dr Jean Marie Vianny YAMEOGO a affirmé que l'OMS soutenait la médecine traditionnelle. De ce fait, l'organisation a initié une journée dédiée aux réflexions sur la médecine traditionnelle, qui se tient le 31 Août de chaque année. Dr YAMEOGO précise qu'en Côte d’Ivoire, la promotion de la médecine traditionnelle se caractérise par un recensement des plantes, dont 80 d'entre elles seront exploitées à grande échelle très prochainement.

                Pour M. Eric DJIBO, PDG de la PISAM, le fait que les ivoiriens privilégient les hôpitaux à l'étranger pour leurs soins médicaux, pourrait s'expliquer par le déficit d'infrastructures médicales et la faiblesse du système d'assurance. Pour pallier ce problème, l'Etat devrait se pencher sur le secteur privé en l'aidant à satisfaire la demande en soins médicaux.

          Le panel s’est terminé par l’intervention du Dr Jean-Marc Bouchez, Président de l'Association des Industrielles Pharmaceutiques en Afrique Subsaharienne, qui affirme que la Côte d’Ivoire ne produit pas de médicaments, relativement au déficit de la ressource humaine qualifiée, au manque de moyen logistique, et surtout à la règlementation stricte du secteur de la médecine.

                 Le dernier panel modéré par Mme Lynda Aphing-kouassi Directrice Générale de KAIZENE, portant sur le thème : ‘’Comment limiter les conséquences de la pandémie sur le niveau de vie des populations et améliorer leur bien-être ?’’, a vu la participation de Mme Myss Belmonde Dogo, Ministre de la Solidarité et de la Lutte contre la Pauvreté, Mme Antonia NGABAL-SODONON, Représentante de l'ONU Femme en CI, M. Vincent Toh Bi Irié, Ancien Préfet d'Abidjan, et Dr Samuel Mathey Professeur d'Economie et de Management.

                   La Ministre Mme Myss Belmonde Dogo a durant son intervention, mis en exergue les actions et les programmes entrepris par le gouvernement, en vue de l’amélioration des conditions de vie de la population en générale, et de la femme en particulier. Ces actions à impact rapide viseraient à accentuer ce qui avait déjà été entrepris, et à réduire le taux de pauvreté de moitié d’ici 2030.

                M. Vincent Toh Bi Irié ancien Préfet d'Abidjan, a pour sa part décrit la mauvaise communication du gouvernement sur ses actions menées dans le cadre de l'amélioration des conditions de vie des populations. Il propose que les autorités se fassent former de sorte à pouvoir communiquer efficacement avec les populations. Par ailleurs, il souligne le fait qu'une éducation de la population soit faite, car les ivoiriens s’intéressent plus aux activités ludiques, qu'à celles contribuants à leur développement socio-professionnel.

              Dr Mathey a quant à lui suggéré que l'accompagnement et le financement des activités entrepreneuriales soient toujours d’actualité, afin que les populations soient autonomes et ne dépendent plus uniquement du gouvernement. Aussi, il propose qu'une étude soit faite au bout de 8 mois après la mise à disposition des fonds aux populations, afin de vérifier leur utilisation. Pour terminer, il soutient qu'il faudrait revoir les conditions d’accès aux fonds.

               La 5e édition de la Conférence Risque-Pays Côte d’Ivoire, s’est achevée par la lecture du rapport de synthèse, présenté par Mme Soraya DIALLO, Vice-Présidente de Bloomfield Rating. Ce rapport a retracé l’ensemble des discussions qui se sont tenues tout au long de la journée. Avant de clore officiellement l’évènement, M. ZEZE a présenté l’équipe de Bloomfield qui a travaillé durant 3 mois sur le projet. Equipe composé à 75% de femme.

                   Rendez-vous est donc pris pour la 6e édition de la Conférence Risque-Pays Côte d’Ivoire 2022.

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